L’École Rugby Lausanne représentée par 9 joueurs en équipe Suisse au « Rugby Europe Regional Development Camp, Prague 2019″.

Remplaçant l’ancienne formule du championnat d’Europe U18, ce camp devait se dérouler en deux parties : un premier rendez-vous de stage commun aux quatre pays qualifiés, et un deuxième pour la compétition officielle. Suite au forfait d’Israël et à des difficultés d’organisation et de budget, la partie formation et échanges internationaux a été privilégiée, sur un seul rendez-vous. Donc pour cette année plus de titre officiel de champion d’Europe en jeu, mais un tournoi triangulaire de fin de stage opposant la République Tchèque au Luxembourg et à la Suisse, format deux fois 20 minutes.

Les forces en présence

La Tchéquie, pays hôte nous ayant battu à Nyon sur un malentendu, et également vainqueur du Luxembourg en amical faisait office de grand favori à domicile. Nos amis Luxembourgois qui avaient perdu plus largement que nous contre ce même adversaire passaient donc pour les outsiders. Mais la magie du rugby a opéré : le tournoi final a déjoué tous les pronostics et vu la victoire de la Suisse dans un scénario à suspense jusqu’à la dernière seconde. Neuf joueurs Lausannois étaient convoqués, huit ont joué :

De g. à d. : Yuzo Ma, James Porte, Victor Spreng, Axel guérin, Michael Picou, Luo Rochat, Andrew Scully. En bas ; Axel Reyes. Aux soins et absent de la photo : Antonin Vollard.

Le stage

Le principe consistait à des ateliers de rugby communs aux joueurs, entraîneurs et arbitres des trois pays le matin, et par nations l’après midi. L’idée était de découvrir et de partager les méthodes d’entraînement du haut niveau de chaque pays : une expérience rugbystique multiculturelle comme on les aime. Les thèmes choisis étaient surtout techniques et ludiques : la passe, le jeu au pied, les touches et les mêlées. Après trois jours de stage les joueurs étaient pressés d’en découdre.

Le tournoi

La Suisse ouvre les hostilités – et le mot n’est pas trop fort- contre des Tchèques solides comme du bois et déterminés. Vingt premières minutes disons… viriles, mais viriles. La Suisse a dressé des barbelés en défense et dominé devant. Pas du grand rugby non, mais quel combat ! L’infirmerie se remplit plus vite que le tableau d’affichage et c’est 0-0 à la mi-temps. Défense intraitable et occupation du terrain sont nos satisfactions.

Le plein de confiance fait, on enchaîne avec une mi-temps contre un Luxembourg frais et aux trois-quarts brillants. Mais des barbelés on est passé aux tranchées, derrière comme devant. Rien ni personne ne passera nos rideaux défensifs en ce printemps de combat à Prague. Là aussi 0-0. Une mêlée énorme, une grande solidarité et une organisation irréprochable dans le respect des consignes nous confortent encore. Reste « juste » à marquer des points.

Pendant que la Suisse se repose 20 minutes, le Luxembourg sort de ses gonds et l’emporte en marquant le seul essai du tournoi face à des Tchèques talonnés, mais qui encaissent et se sauvent provisoirement du hold-up. À ce stade rien n’est joué et tout le monde peut encore gagner. La Suisse revient sur le terrain pour une deuxième mi-temps contre la Tchéquie d’une rare intensité. Hugo Caubet l’ouvreur Suisse passe la pénalité de la gagne dès sa première tentative, enfin. Première victoire pour la Suisse 3-0.

Il faut encore gagner la deuxième mi-temps contre des Luxembourgeois qui marchent sur l’eau, tout sauf une formalité. Et c’est bien sûr au moment où on se décide à prendre tous les points que la réussite semble quitter le pied de notre 10, pourtant impeccable jusque là. Une série de trois pénalités dans la même zone forgera l’improbable issue de ce tournoi. Après deux échecs inexpliqués, la dernière pénalité est sifflée à la toute dernière seconde du match. Même à 0-0 si on ne marque pas là, le Luxembourg sera vainqueur final au bénéfice de l’essai marqué s’il conserve son avance sur les Tchèques. Grosse pression sur le buteur.

Après deux tentatives à côté, le deuxième botteur qui assume courageusement son rôle, se propose en secours du premier. Mais le capitaine Suisse prend ses responsabilités, il a la confiance de toute son équipe et du staff, et tout le monde se tait, des tribunes aux bancs de touche, sur le terrain… le temps s’arrête. La victoire est sur le tee. Les quelques secondes qui suivirent appartiennent pour l’éternité au joueur et à ses coéquipiers…  mais qu’elle fût belle, cette pénalité ! Chapeau l’artiste et bravo l’équipe ! De grandes émotions.

En toute dernière période le Luxembourg, qui disons-le a laissé passer beaucoup de points au pied, joue pour la deuxième place contre des Tchèques sommés de sauver l’honneur. En Vain. Premier Suisse, deuxième Luxembourg, troisième Tchéquie, incroyable scénario.

On vient, on gagne, et on s’en va.

Le bilan n’est pas parfait mais il est positif, même si on espère jouer un vrai championnat d’Europe au format rugby l’année prochaine, c’était une superbe aventure et une expérience formidable pour ces jeunes. Les objectifs d’échanges et de formations communes on été atteints, surtout entre pays francophones et joueurs parlant anglais ; forcement pas de barrière de langue, ça aide. Mais le dernier soir et le banquet de clôture avec des Tchèques bien approvisionnés ont encore démontré que la troisième mi-temps ne connait pas de frontières et rapproche les hommes.

Et puis que la victoire est belle quand elle vient récompenser le travail de deux saisons avec le même staff, deux jours par mois, de Lyon à Edimbourg et de Bourgoin à Prague en passant par Nyon, Berne, Genève ou Monthey. Bravo à Célia Graf, Manu Bahoken et Andy Clark, quelle masse de travail et quel beau résultat ! Magnifique cohésion d’équipe.

Pour l’occasion l’équipe Suisse était aussi accompagnée d’un analyste vidéo fort apprécié ( Olivier Sivatte ), d’un soigneur fort sollicité ( Steve Hopfner ) et de deux arbitres qui ont eu fort à faire ( Aurélie Lemouzy et Ashleigh Zambada ). Le Directeur Technique National Sébastien Dupoux comme chef d’orchestre et de délégation, et enfin l’auteur de ces lignes en tant qu’assistant coach et aide logistique complétaient la représentation Suisse : la plus importante, la plus mixte et la plus complète du camp.

Et après ? Les projets.

Ce super groupe a encore quelques belles aventures à vivre : le championnat d’Europe de rugby à 7 mi juin, et un projet d’échange et de tournoi commun en France avec l’équipe nationale Camerounaise de rugby à 7. Pour connaître et soutenir ce beau projet que les joueurs ont manifestement adopté :

https://m.facebook.com/Kmer7s/

facebook.com/Kmer7s

kmer7s’project vu par Mehdi

Réalisé sans trucage

Réalisé sans trucages.